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Friches industrielles : opportunités de reconversion pour les promoteurs et aménageurs en 2026

Une friche industrielle est un site anciennement à usage industriel, commercial ou de service, dont l’activité a cessé et qui n’est pas encore réemployé. En France, le contexte ZAN (Zéro Artificialisation Nette) et les dispositifs de soutien à la reconversion (Programme national Friches, ADEME, Banque des Territoires) ont transformé ces sites en opportunités foncières prioritaires pour les promoteurs, aménageurs et investisseurs qui savent les identifier et les qualifier.

Friches & reconversion30 juin 20269 min de lecturePromoteurAlexis SAVALLE

Pourquoi les friches industrielles sont devenues des actifs stratégiques

Le ZAN réoriente le développement foncier vers le recyclage

La loi Climat et Résilience de 2021 impose une réduction de moitié de la consommation de nouveaux sols entre 2021 et 2031. Dans ce contexte, les friches industrielles sont les seuls fonciers qui permettent de développer des surfaces nouvelles sans compter dans le décompte ZAN : la reconversion d’un site déjà artificialisé est neutre, voire positive si elle s’accompagne de renaturation partielle.

Pour un promoteur ou un aménageur, une friche bien localisée est désormais plus stratégique qu’un terrain agricole en zone périurbaine, car :
– Elle n’est pas soumise aux restrictions ZAN du PLU ou du SCOT
– Elle peut bénéficier de financements publics dédiés (Programme national Friches, appels à projets ADEME)
– Elle est souvent sous-valorisée par son propriétaire, créant une opportunité d’acquisition en dessous des valeurs de marché comparables

Un stock de friches industrielles conséquent

Le territoire français recense un stock de friches industrielles dont la répartition géographique est concentrée dans les anciens bassins industriels (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Normandie, région lyonnaise, bassin minier du Massif Central) mais qui couvre l’ensemble du territoire. L’ADEME et les observatoires régionaux du foncier contribuent à leur recensement, mais la donnée reste partielle : une part significative des friches n’est ni recensée ni publiée, ce qui crée un marché quasi-exclusivement off-market.


Les différents types de friches industrielles et leurs spécificités

Type de friche Exemples Complexité technique Potentiel de reconversion
Ancienne usine légère Textile, imprimerie, agroalimentaire Faible à moyenne Élevé (logements, bureaux, activité)
Site ICPE ancienne (déclaration/enregistrement) Dépôt pétrolier, station service, atelier peinture Moyenne Moyen (dépollution ciblée)
Site ICPE avec autorisation Cimenterie, papeterie, chimie fine Élevée Variable selon la pollution résiduelle
Infrastructure abandonnée Gare de fret, entrepôt portuaire, caserne Faible à moyenne Élevé si bien localisé
Site minier Mines de charbon, ardoise, carrières Très élevée Faible (instabilité sous-sol)
Centrale énergétique Centrale thermique, gazomètre Très élevée Spécifique (contraintes sous-sol, réseaux)

Le diagnostic d’une friche industrielle : étapes indispensables

Avant toute acquisition ou engagement contractuel, le diagnostic d’une friche industrielle doit couvrir plusieurs dimensions.

1. Le statut ICPE

Vérifier si le site a été ou est encore classé au titre des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Les informations sont accessibles via :

  • Géorisques (georisques.gouv.fr) : base nationale des risques naturels et technologiques, inclut les ICPE
  • BASIAS (Base de données des Anciens Sites Industriels et Activités de Service) : localisation des anciens sites industriels
  • BASOL (Base de données sur les Sites et Sols Pollués) : sites pollués en cours de traitement ou traités

Un site ICPE en cours de cessation d’activité doit faire l’objet d’une procédure de mise en sécurité et de remise en état selon l’usage futur défini. L’exploitant (ou son repreneur) est responsable de ces opérations.

2. L’étude de pollution

Pour tout projet de reconversion, une étude de pollution est indispensable et souvent exigée par les financeurs. Elle comprend :

  • Phase 1 : étude historique et documentaire (usage passé, produits chimiques utilisés, incidents connus)
  • Phase 2 : investigations de terrain (prélèvements sol, eaux souterraines, mesures de gaz)
  • Phase 3 : plan de gestion de la pollution (si contamination avérée : excavation, confinement, surveillance)

Le coût de dépollution peut varier de quelques dizaines de milliers d’euros (contamination légère) à plusieurs millions d’euros (contamination aux hydrocarbures chlorés, PCB, métaux lourds). Cette variable est souvent le facteur déterminant du bilan d’opération.

3. Le statut urbanistique

Vérifier la compatibilité du programme envisagé avec le zonage PLU (zone U, A, N, AU). Une friche industrielle en zone U est reconvertible sans révision de PLU si l’usage reste compatible. En zone N (naturelle) ou A (agricole), une révision du PLU est nécessaire, ce qui allonge le calendrier de 18 à 36 mois.

4. L’état du bâti et des réseaux

Un bâtiment existant peut représenter une valeur (reconversion en locaux d’activité, bureaux) ou un coût (démolition si trop dégradé). Les réseaux (électricité haute tension, gaz, eau industrielle, voirie) sont souvent un actif caché dans les friches industrielles bien connectées.


Les dispositifs de soutien à la reconversion de friches

Le Programme national Friches (Banque des Territoires)

Lancé dans le cadre du Plan de relance en 2020 et reconduit dans le cadre France 2030, le Programme national Friches soutient financièrement les projets de reconversion de friches via des subventions et des avances remboursables. Depuis 2020, plusieurs centaines de projets ont été labellisés et soutenus (source : Banque des Territoires, bilan 2024).

Les porteurs de projet éligibles : SEM, SEM/SPL, opérateurs privés (promoteurs, investisseurs) en partenariat avec une SEM. Les projets soutenus couvrent les études préalables, la dépollution et la viabilisation.

Les aides ADEME

L’ADEME (Agence de la Transition Écologique) soutient les projets de reconversion de friches à travers :

  • Sites et Sols Pollués (SSP) : financement d’études de diagnostic et de dépollution
  • Économie circulaire : projets de réemploi et de valorisation des matériaux de démolition
  • Appels à projets régionaux en lien avec les Régions et les DREAL

Les EPF (Établissements Publics Fonciers)

Les EPF d’État et locaux jouent un rôle clé dans la sécurisation foncière des friches. Ils peuvent :

  • Porter le foncier en amont (portage foncier), le temps que le projet se précise
  • Financer les études de pollution et de dépollution
  • Faciliter l’acquisition amiable ou par voie de préemption
  • Structurer les procédures AMI/AAP pour identifier l’opérateur privé le mieux positionné

Comment identifier les friches industrielles en off-market

La majorité des friches industrielles ne sont pas commercialisées publiquement. Leurs propriétaires (souvent des entreprises industrielles, des holding patrimoniales, des établissements publics) ne les ont pas encore mises en marché, soit par méconnaissance de leur valeur potentielle après reconversion, soit par complexité administrative.

Les sources de détection en sourcing data-driven :

  • BASIAS/BASOL : base de données des anciens sites industriels — signalent les sites qui ont cessé leur activité ICPE
  • Géoportail de l’urbanisme : zones UC (urbain à reconvertir) ou zones spécifiques de requalification dans les PLU
  • Relevés EPF : les EPF publient leurs portefeuilles fonciers et leurs priorités d’intervention
  • Annonces légales et BODACC : dépôt de bilan ou liquidation d’entreprises industrielles — signal de libération foncière imminente
  • Réseau AMI/AAP : les EPF et SEM publient des AMI ciblant des friches industrielles sur le BOAMP

Kereos Partners intègre ces sources dans son sourcing data-driven et identifie les friches qui présentent un potentiel de reconversion, avant leur mise en commercialisation formelle.


Les usages de reconversion les plus courants

Reconversion en immobilier d’activité économique

C’est le scénario le plus fréquent pour les friches industrielles bien localisées en ZAE ou en zone économique mixte :
Locaux d’activité artisanale ou industrielle légère : remplacement d’une ancienne usine par des ateliers-pépinières ou des parcs d’activité multi-utilisateurs
Entrepôts logistiques : les friches avec quais de chargement et bonne desserte routière se reconvertissent naturellement en plateformes logistiques
Data centers : les anciens sites industriels à forte alimentation électrique (puissance disponible) sont ciblés par les développeurs de data centers

Reconversion mixte logements / activités

Les friches en zone urbaine dense se prêtent à des programmes mixtes : logements en partie haute, activités au rez-de-chaussée (artisanat, commerces, bureaux). Ces programmes sont complexes mais bénéficient souvent de soutiens renforcés des SEM (droit de préemption renforcé, subventions de dépollution).

Reconversion à vocation nature et biodiversité

Dans le cadre ZAN, certaines friches de faible valeur économique sont renatisées plutôt que reconverties : création d’espaces naturels, corridors écologiques, parcs de nature en ville. Ces opérations génèrent des crédits de désartificialisation valorisables dans le cadre du ZAN.



FAQ — Friches industrielles et reconversion

Qu’est-ce qu’une friche industrielle au sens réglementaire ?

Une friche industrielle est un site anciennement à usage industriel, commercial ou de service dont l’activité a cessé et qui n’est pas encore réemployé. La notion est définie dans l’article L111-26 du Code de l’urbanisme (issu de la loi Climat et Résilience 2021), qui précise les critères de qualification et les obligations d’inventaire à la charge des communes et des EPCI.

Comment savoir si une friche est polluée ?

Deux bases de données nationales recensent les sites potentiellement pollués : BASIAS (anciens sites industriels, base historique) et BASOL (sites en cours de traitement ou traités). Disponibles sur Géorisques (georisques.gouv.fr). La consultation de ces bases est le premier réflexe pour tout projet de reconversion. Une étude de pollution de terrain (phase 1 puis phase 2 si nécessaire) confirme ou infirme la contamination.

Le Programme national Friches finance-t-il les promoteurs privés ?

Oui, sous conditions. Les opérateurs privés peuvent bénéficier du Programme national Friches lorsqu’ils portent un projet en partenariat avec une SEM ou un EPF, ou lorsque leur projet répond à un AMI/AAP émis par un acteur public. Les subventions couvrent généralement les études préalables et la dépollution, pas la construction.

Combien de temps prend la reconversion d’une friche industrielle ?

La durée varie fortement selon la complexité du site. Pour une friche simple (bâti démontable, pollution légère, PLU compatible) : 24 à 36 mois de la décision d’acquisition à la livraison. Pour une friche ICPE complexe (pollution aux hydrocarbures chlorés, révision PLU nécessaire) : 48 à 84 mois ou plus.

Kereos Partners peut-il aider à identifier des friches industrielles à convertir ?

Oui. Kereos Partners intègre les signaux de friches dans son sourcing data-driven (BASIAS/BASOL, BODACC, EPF, AMI/AAP). Pour les promoteurs et aménageurs abonnés à la Data Room, les friches identifiées avec potentiel de reconversion sont diffusées en circuit fermé selon les critères de l’abonné.


Sources

  1. ADEME — Friches et Sites Pollués : guide technique, édition 2024. ademe.fr
  2. Banque des Territoires — Programme national Friches : bilan et perspectives, 2024. banquedesterritoires.fr
  3. Géorisques — BASIAS, BASOL, bases de données des sites industriels et sols pollués. georisques.gouv.fr
  4. Cerema — Recyclage foncier et friches : méthodes et outils, 2024. cerema.fr
  5. Ministère de la Transition écologique — Loi Climat et Résilience, article L111-26 Code de l’urbanisme. ecologie.gouv.fr

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